Ma préface de “Regard Insolite sur le Val d’Oise” de Corinne Lesclingand et Annie Mullenbach

Pour parler d’un livre, il est bon parfois de commencer par indiquer « ce qu’il n’est pas ». Ce « Val d’Oise insolite » n’a rien d’un guide touristique ni d’un manuel de géographie.

Il ne vise en aucun cas à l’exhaustivité. Ainsi, ce charmant petit recueil ne traite-t-il pas de « tout » le Val d’Oise. Il ne prétend pas rendre compte de l’extraordinaire diversité de notre département. Rien sur la ville nouvelle, rien sur l’Est du Val d’Oise (l’agglomération de Val de France, Roissy). Et, en dépit de quelques incursions en vallée de montmorency ou en plaine de France, il se concentre sur un territoire bien connu des promeneurs et des contemplatifs : la vallée de l’Oise, celle du Sausseron, le Vexin.

Pour autant, si les auteurs (photographe et écrivains) s’attardent un peu sur les lieux et monuments bien connus des visiteurs de la région (l’abbaye de Royaumont, Auvers sur Oise, le château d’Ecouen, les étangs de l’Isle Adam, le château de la chasse…), ils préfèrent sans conteste laisser traîner leur regard sur un pan de mur, une façade, un jardin, une statue, un puits, un escalier.

Ici le texte et la photo obéissent à un même parti pris : celui de la rêverie. Celle que provoque en eux (et en nous) la vision d’un arbre solitaire, d’une épicerie de village, d’un train mangé de rouille (vision quasi surréaliste à Butry sur Oise), d’un portail tout simple (« je pousserai la porte de la grille ») ou de toits enneigés.

Les esprits chagrins verront peut être dans cet ouvrage une ultime preuve de cette « nostalgie française », sorte de vaine déploration devant la disparition programmée d’un monde familier, celui des villages et des campagnes. Ce n’est pas le cas. Et s’il est évidemment question du passé, c’est de celui qui a la saveur de l’enfance, dont chacun sait qu’il faut avoir le bon goût d’en ressusciter parfois la magie.

regards insolites

Regard Insolite sur le Val d’Oise, de Corinne Lesclingand et Annie Mullenbach, février 2013, éditions du Banc d’Arguin

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